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22/03/2019

Modeste proposition pour la transition écologique

 

 

(NDLR: Comme je ne sais pas si cette participation au Grand Débat National sera lue par celui à qui je la destinais, je la publie aujourd’hui pour qu’elle soit lisible par tous.)

 

Pour faire une proposition valable, il faut être un expert et je ne le suis pas. Aussi me bornerai-je à émettre un souhait concernant la transition écologique. Monsieur le Président, ne reculez pas comme l’ont fait vos prédécesseurs sur la question environnementale. Allez jusqu’au bout du programme annoncé pour faire entrer la France dans le club des nations respectueuses de l’environnement. Vous avez parfaitement conscience de l’urgence du problème. Comme vous le savez, 2018 a été la quatrième année consécutive la plus chaude depuis les premiers relevés météorologiques à la fin du XIXeme siècle. Allons-nous continuer sur cette voie catastrophique cette année et les années suivantes sans rien faire ? Ces données alarment à juste titre de nombreux citoyens, comme en témoigne l’affaire du siècle, cette pétition en faveur du climat et qui a recueilli plus de deux millions de signatures. Son but, vous le savez, est de mettre l’état en face de ses responsabilités.

Certes, on sait quelle révolte a entraîné l’annonce de la hausse du diesel à l’automne dernier. L’idée était pourtant juste, même si la part qui devait être affectée à  la transition écologique était sans doute trop faible. Mais la partie de la population principalement concernée par cette mesure fiscale ne pouvait pas l’accepter, déjà submergée par d’autres taxes qui rendent son quotidien  difficile et incertain.

Il y a sans doute d’autres voies à explorer, d’autres arbitrages à faire pour poursuivre cette avancée. Pourquoi, par exemple, ne pas imposer davantage les entreprises les plus polluantes (comme les transporteurs maritimes) ? Pourquoi ne pas demander aux plus riches de nos concitoyens – qui sont  de gros consommateurs d’énergie fossile - un effort supplémentaire dont le bénéfice irait à la transition écologique ? L’ISF que vous avez transformé – avantageusement pour eux -  en IFI pourrait être renégocié en ce sens-là, comme le suggère une autre pétition actuellement sur le Net. Ou même créer une banque pour le climat – dans laquelle l’état serait partie prenante -, comme le propose l’économiste Pierre Larrouturou.

Bref : il y a des choses à faire et les Français réclament que vous les fassiez. Le pouvoir d’achat, aussi important soit-il, n’est pas la seule de leurs préoccupations.  Ils ne veulent plus que la question de leur santé soit reléguée au second plan sous la pression des lobbies industriels. Ils aspirent à un monde plus sain pour leurs enfants. Dans l’intérêt de tous, monsieur le Président, ne négligez pas leur clameur. A la fin de votre quinquennat, vous serez aussi jugé pour votre action en faveur – ou en défaveur – de l’environnement et du climat.

 

Jacques Lucchesi

12/03/2019

La parcimonieuse parole des femmes

                 

 

 

 Si, dans la vie courante, les femmes passent pour parler davantage que les hommes, il n’en va pas de même dans l’espace public et les médias. Des appareils hautement sophistiqués d’enregistrement, d’analyse et de restitution des sons permettent à présent des échantillonnages dont le but est, évidemment, d’apporter de l’eau au moulin de la parité. Après, l’an dernier, une étude sur le temps de parole des député(e)s à l’Assemblée Nationale (au détriment des femmes), c’est une nouvelle enquête qui alimente le débat : celle dirigée par David Doukhan, chercheur au département Recherches et Innovations numériques de l’INA.

Celui-ci, grâce aux moyens fournis par l’intelligence artificielle, a donc passé au crible 700 000 heures de programmes radiophoniques et télévisés. Au total ce sont 43 médias qui ont été analysés et classés en fonction du taux de parole qu’ils offrent aux femmes. Il en ressort que, toutes chaînes confondues, le temps de parole des hommes est de deux tiers pour un  tiers seulement aux femmes. Ce pourcentage varie, évidemment, selon les types de programmes. Et nul ne sera étonné d’apprendre  qu’à Eurosport France, il descend à 7, 4%. Tandis qu’en revanche, il monte à 47,9% sur Téva et même jusqu’à 51% sur une radio comme Chérie FM. Si l’on situe le problème au niveau des plages temporelles, on constate que la parole masculine est prépondérante dans les périodes de forte audience – de 6 H à 9 h pour les radios et de 19H à 22 H pour les télés.  

Néanmoins, le chercheur conclue son enquête en affirmant que la parole féminine – on s’en était un peu douté - est en constante augmentation dans les médias. Ainsi les hommes, en 2001, parlaient trois fois plus que les femmes ; en 2018, ils ne parlent que deux fois plus qu’elles. Donc tout va bien, la parité est en marche, même si les féministes trouveront, bien sûr, qu’elle ne va pas assez vite.

Au-delà des chiffres que permettent des logiciels de plus en plus performants, force est de constater qu’on ne sort pas du quantitatif. Et que la parole, tant des femmes que des hommes, devrait être aussi décortiquée sous l’angle du qualitatif : degré de scientificité des contenus verbaux, érudition personnelle des intervenants, pertinence et intérêt général des propositions politiques. Car pour les auditeurs et les citoyens que nous sommes, ce n’est pas le sexe des chroniqueurs – ni, d’ailleurs le nombre de mots qu’ils prononcent à la minute – qui est vraiment important, mais bien la portée intellectuelle de leurs émissions verbales. Mais voilà, il n’y a pas encore d’outil suffisamment élaboré pour en rendre compte.                                                              

 Jacques Lucchesi     

01/03/2019

Les pensionnés du IIIeme Reich

                   

 

Quand on songe aux anciens combattants, on se représente de vieux messieurs portant béret et décorés de la Croix de Lorraine plutôt que des supplétifs de la Wehrmacht, voire de la Waffen SS, qu’ils aient été ou non engagés volontaires. Ce sont pourtant ces derniers qui font l’actualité aujourd’hui, depuis qu’un député belge a pointé cette particularité de l’administration allemande. Ils seraient en effet près de 2000 en Europe – dont 54 en France -  à percevoir encore une pension (allant de 600 à 1200 euros) pour services rendus au régime hitlérien. C’est d’ailleurs Hitler lui-même qui avait promis d’octroyer une prime « pour fidélité, loyauté et obéissance » à ces tacherons anonymes qu’il avait entraînés dans son projet terrifiant. Après lui, l’Allemagne redevenue démocratie n’en a pas moins mis en œuvre sa généreuse promesse pour ces inconnus de l’Histoire qui se sont bien gardés de contester ce prébende, d’autant plus qu’il était transmissible à leurs descendants.

Hélas pour eux, les choses risquent de changer sous peu, maintenant que l’administration fiscale a braqué ses projecteurs sur cette aberration historique. La vérité finit toujours par sortir du puits, même si ça peut prendre très longtemps. Il va y avoir des vieillards plus pauvres en Europe. La faute à qui ? A des Belges dénonçant le laxisme de l’Allemagne contemporaine. Quel moderne Courteline aurait pu imaginer ça ?

 

Jacques Lucchesi