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09/11/2018

Drame de la rue d’Aubagne : Marseille sous le choc

 

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Une nouvelle fois Marseille est sous les feux de l’actualité nationale. Après la Plaine, son chantier et ses opposants, c’est à quelques centaines de mètres plus loin, à peine, la vieille rue d’Aubagne qui a connu, lundi 5 novembre, une tragédie d’une rare ampleur. Deux immeubles vétustes se sont soudainement effondrés, à la grande surprise des riverains. C’est ainsi qu’on a découvert qu’ils abritaient de nombreux habitants. Et que certains étaient chez eux quand la catastrophe s’est produite. Depuis le quartier est en état de siège et les pompiers n’en finissent pas d’extraire des corps sans vie des décombres. A ce jour ce sont sept personnes qui ont ainsi trouvé la mort et l’on craint, hélas, que le bilan ne s’alourdisse. Parallèlement aux travaux de sauvetage, de nombreux Marseillais se sont rassemblés, mercredi 7 novembre, devant la mairie, pour protester contre la gestion immobilière de la municipalité, incriminant directement le maire Jean-Claude Gaudin. Tant il est vrai qu’à Marseille, on pratique une politique urbanistique à deux vitesses, selon que le quartier appelle les touristes ou qu’il est relégué dans les marges et la pauvreté. Une bataille juridique s’annonce, syndics et édiles se rejetant tour à tour la responsabilité. Tandis qu’ailleurs dans la ville, on commence à regarder avec un peu plus d’inquiétude les façades qui se fissurent. Il est certain que cette affaire risque de peser lourdement sur la prochaine campagne municipale. En attendant voici quelques photos pour mieux évaluer la situation effarante de ces derniers jours.

Jacques Lucchesi

30/10/2018

          Vers une loi sur les accents ?

      

 

 

 Dans l’ouragan politico-judiciaire qu’a subi, voici deux semaines, Jean-Luc Mélenchon, il y a sans doute une foucade de trop. L’homme privé a des circonstances atténuantes, le responsable politique n’en a pas. Car si on peut comprendre ses récriminations à l’encontre de l’actuel gouvernement, on ne peut admettre la violence de ses propos envers des journalistes faisant simplement leur travail. Vis-à-vis d’eux, c’est peu dire que le patron de la France Insoumise a souvent dérapé. Et personne n’a oublié ses remarques méprisantes face à un jeune stagiaire qui suivait sa campagne présidentielle de 2012.

C’est à peu près sur le même ton qu’il a accueilli la question d’une journaliste de FR3 région, mercredi 17 octobre devant l’Assemblée Nationale. Il est vrai qu’elle remuait le couteau dans la plaie en l’interrogeant sur ses déclarations, quelques mois plus tôt, sur les déboires judiciaires de Fillon et Le Pen. Mais fallait-il, même agacé, parodier son accent sudiste en renversant les rôles? Fallait-il disqualifier sa question et la « jeter » en demandant à la cantonade qu’on lui pose « une question formulée en français » ?

 Une telle arrogance a, bien sûr, provoqué, non seulement la réprobation de l’ensemble des gens de presse mais aussi les moqueries de ses adversaires politiques – comme Renaud Muselier. Mélenchon n’est-il pas allé se faire élire député à Marseille, ville où l’on en rajoute volontiers en matière d’accent ? Car l’accent est une composante inséparable du parler populaire et Mélenchon – lui-même né au Maroc – ne défend pas, à ce qu’on sache, la France des privilégiés et des snobs. Voilà qui révèle un déplaisant sentiment de supériorité vis-à-vis de ses compatriotes. C’est ainsi qu’on se discrédite, même avec  des excuses prononcées du bout des lèvres, auprès de son électorat. 

Mais que penser, d’autre part, de la députée macroniste Laetitia Avia qui, dès le lendemain, a proposé une loi sur la discrimination par l’accent ? Scientifiquement parlant, cela s’appellerait de la glottophobie : la belle affaire ! Car sous l’intention généreuse vis-à-vis des traumatisés linguistiques perce un dessein beaucoup plus torve visant à réduire un peu plus la liberté d’expression dans ce pays. Quand on sait qu’elle s’exprime principalement contre le système que madame Avia représente, on comprend mieux son empressement à la faire voter. Depuis une bonne dizaine d’années, il y a une inflation de lois dans ce pays. On légifère sur tout et rien sans d’ailleurs que les citoyens en soient clairement informés. Or, des lois qui sont ignorées du plus grand nombre peuvent, théoriquement, faire autorité ; mais elles ne feront pas consensus dans les cas où elles sont prévues. Faut-il ajouter, au nom du politiquement correct, encore  plus de coercition et de division quand un peu de tolérance suffirait à s’entendre dans tous les sens du terme ? Non, bien entendu. Voilà ce qu’on appelle une fausse bonne idée.

 

Jacques LUCCHESI

22/10/2018

    La Plaine : état d’urgence

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Forains expulsés, arbres tronçonnés, barrières de béton et un dispositif policier impressionnant : la place Jean Jaurès – qu’on appelle à Marseille la Plaine – a, depuis une semaine, l’allure d’un chantier, sinon d’un champ de bataille.

Mardi 16 octobre, alors qu’un collectif d’habitants protestait contre ces travaux unilatéralement décidés par la municipalité, les CRS ont chargé et ont fait quatre blessés, dont une vieille femme. Belle leçon de démocratie !

Depuis, les pétitions se multiplient sur le Net et une manifestation, samedi 20 octobre sur le Vieux Port, a rassemblé de nombreux opposants au projet de la Soleam. Ils ne veulent pas de travaux longs et coûteux (trois ans environ et 20 millions d’euros) qui ne visent qu’à l’embourgeoisement du quartier avec, à la clé, l’éloignement d’une population jugée trop populaire.

Face à l’appétit des promoteurs immobiliers, la Plaine va-t-elle devenir une ZAD marseillaise ? Puisqu’une image vaut, paraît-il, mille mots, voici quelques photos la plaine,soleam,chantier,crs(faites jeudi 18 octobre) pour permettre de mieux en juger.

Jacques Lucchesi

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