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07/09/2018

                Du féminisme à la française

     

 

 

 

 Saison de toutes les audaces, l’été est aussi celle de toutes les pudibonderies. Car la nudité – celle des femmes en particulier – reste toujours problématique dans notre société. Et souvent elle révèle des enjeux d’ordre culturel et politique.  Voici deux ans, c’était le burkini qui alimentait la polémique estivale. Aujourd’hui, c’est un ukase féministe sur les cartes postales coquines qui la relance en plein mois d’août (ce mois des fous, des gros matous, des sapajous, comme le chantait si bien Pierre Perret). Entre ces deux affaires, à priori éloignées, il y a pourtant un lien : l’intégrisme et la volonté de soustraire les femmes à la prétendue concupiscence masculine.

Ces fameuses cartes postales, dénoncées et traquées par l’association Femmes solidaires, nous les connaissons bien à Marseille. Elles fleurissent aux tourniquets des vendeurs de souvenirs et accrochent le regard de ceux qui flânent sans but précis sur le Vieux Port. Sans doute en avons-nous, un jour, acheté une pour l’envoyer, comme une blague marseillaise, à un correspondant lointain. Quant aux amateurs de pétanque, ils ont encore en tête les représentations de Fanny qui offrait son cul à baiser à ceux qui, paradoxalement, avaient perdu la partie sans marquer un seul point. Rien de bien inquiétant dans ces productions du folklore local, on en conviendra aisément.

 Que quelques viragos puissent y voir « une culture du viol » en dit long sur leur vision ascétique des rapports humains. Elles illustrent jusqu’au ridicule les excès de ce féminisme différentialiste qui a, malheureusement, le vent en poupe aujourd’hui. Et qui, au motif de transformer les mentalités, traque tout ce qui, de près ou de loin, érotise l’image féminine. Avec elles les hommes sont toujours sur le banc des accusés – et dire qu’il y en a quelques-uns pour faire cause commune avec elles ! Précisément, elles leur reprochent de tenir les femmes pour des objets sexuels : comme si le regard désirant sur elles était en soi une insulte ! Comme si l’initiative sexuelle ne devait plus venir que des femmes – et encore, sous certaines conditions -, ne laissant plus de place à la surprise et à la transgression. 

Ce féminisme-là, répétons-le, est désocialisant ; il ne peut produire que du conflit et de la ségrégation. Il est aux antipodes du féminisme universaliste qui, lui, voulait l’émancipation et l’intégration harmonieuse des femmes dans la société, à part égale avec les hommes. Dans bien des pays, hélas, son combat est toujours d’une urgence absolue et, à titre personnel, je le soutiens sans réserve. Mais, de grâce, qu’on nous épargne ces mesquins procès en sexisme, surtout quand ils portent sur des produits en voie de disparition comme ces cartes polissonnes. Qu’on arrête de couper les cheveux en quatre et qu’on se recentre sur les vrais problèmes - comme l’exploitation économique plus que jamais décomplexée -  qui affectent le vécu tant des femmes que des hommes dans ce monde. Cela, nos féministes, maintenant introduites dans les sphères du pouvoir, cherchent à le faire oublier au plus grand nombre, préférant insister sur la menace que représente, pour la dignité des femmes, deux ou trois postérieurs bronzés et bien alignés.

 

Jacques LUCCHESI   

28/08/2018

    Nicolas Hulot jette l’éponge

               

 

 Nicolas Hulot a donc décidé, ce matin, de quitter le poste de ministre de l’écologie et du développement durable qu’il occupait depuis juin 2017. A part Benjamin Griveaux, sa décision n’aura vraiment surpris personne, tellement il était en décalage avec l’orientation libérale prise par le gouvernement Philippe. Sa situation était comparable à celle d’un cavalier de rodéo : la question n’est pas de savoir s’il tombera ou restera en selle mais à quel moment il chutera.

 

C’est chose faite et, comme on s’en doute, l’annonce un peu avant des cadeaux gouvernementaux accordés aux chasseurs (diminution de moitié du prix du permis de chasse, extension des périodes de chasse aux mois de reproduction des oiseaux) a dû être pour quelque chose dans l’annonce de son départ. D’ailleurs, beaucoup se demandent comment l’ex-animateur d’Ushuaïa a pu rester 15 mois dans un gouvernement aussi peu préoccupé par les questions écologiques. Son bilan est évidemment très en dessous des espérances que sa nomination avait fait naître. Car hormis une petite avancée sur la fiscalité du diesel, tous les sujets sensibles – glyphosate, extraction d’hydrocarbures sur le sol français, perturbateurs endocriniens, Nutri-score – restent en suspens, bloqués par le poids des lobbies et les ukases de Bruxelles. Et c’est sans rien dire du nucléaire civil (que Hulot avait voulu ramener à 50% dans la production d’électricité nationale), puisqu’aucune centrale, même les plus vétustes comme celle de Fessenheim, n’a toujours pas été fermée.

 

 On saura assez vite le nom de son successeur et cela n’a, du reste, aucune importance. Car, d’où qu’il vienne, on sait qu’il sera pour les trois années à venir soumis à la politique pragmatique menée par Emmanuel Macron et Edouard Philippe. Une politique où les intérêts des entrepreneurs et des dirigeants d’entreprise auront toujours la priorité sur la santé des Français.

 

Jacques LUCCHESI

              Nicolas Hulot jette l’éponge

     

 

 Nicolas Hulot a donc décidé, ce matin, de quitter le poste de ministre de l’écologie et du développement durable qu’il occupait depuis juin 2017. A part Benjamin Griveaux, sa décision n’aura vraiment surpris personne, tellement il était en décalage avec l’orientation libérale prise par le gouvernement Philippe. Sa situation était comparable à celle d’un cavalier de rodéo : la question n’est pas de savoir s’il tombera ou restera en selle mais à quel moment il chutera.

 C’est chose faite et, comme on s’en doute, l’annonce un peu avant des cadeaux gouvernementaux accordés aux chasseurs (diminution de moitié du prix du permis de chasse, extension des périodes de chasse aux mois de reproduction des oiseaux) a dû être pour quelque chose dans l’annonce de son départ. D’ailleurs, beaucoup se demandent comment l’ex-animateur d’Ushuaïa a pu rester 15 mois dans un gouvernement aussi peu préoccupé par les questions écologiques. Son bilan est évidemment très en dessous des espérances que sa nomination avait fait naître. Car hormis une petite avancée sur la fiscalité du diesel, tous les sujets sensibles – glyphosate, extraction d’hydrocarbures sur le sol français, perturbateurs endocriniens, Nutri-score – restent en suspens, bloqués par le poids des lobbies et les ukases de Bruxelles. Et c’est sans rien dire du nucléaire civil (que Hulot avait voulu ramener à 50% dans la production d’électricité nationale), puisqu’aucune centrale, même les plus vétustes comme celle de Fessenheim, n’a toujours pas été fermée.

 On saura assez vite le nom de son successeur et cela n’a, du reste, aucune importance. Car, d’où qu’il vienne, on sait qu’il sera pour les trois années à venir soumis à la politique pragmatique menée par Emmanuel Macron et Edouard Philippe. Une politique où les intérêts des entrepreneurs et des dirigeants d’entreprise auront toujours la priorité sur la santé des Français.

 

Jacques LUCCHESI