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22/10/2018

    La Plaine : état d’urgence

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Forains expulsés, arbres tronçonnés, barrières de béton et un dispositif policier impressionnant : la place Jean Jaurès – qu’on appelle à Marseille la Plaine – a, depuis une semaine, l’allure d’un chantier, sinon d’un champ de bataille.

Mardi 16 octobre, alors qu’un collectif d’habitants protestait contre ces travaux unilatéralement décidés par la municipalité, les CRS ont chargé et ont fait quatre blessés, dont une vieille femme. Belle leçon de démocratie !

Depuis, les pétitions se multiplient sur le Net et une manifestation, samedi 20 octobre sur le Vieux Port, a rassemblé de nombreux opposants au projet de la Soleam. Ils ne veulent pas de travaux longs et coûteux (trois ans environ et 20 millions d’euros) qui ne visent qu’à l’embourgeoisement du quartier avec, à la clé, l’éloignement d’une population jugée trop populaire.

Face à l’appétit des promoteurs immobiliers, la Plaine va-t-elle devenir une ZAD marseillaise ? Puisqu’une image vaut, paraît-il, mille mots, voici quelques photos la plaine,soleam,chantier,crs(faites jeudi 18 octobre) pour permettre de mieux en juger.

Jacques Lucchesi

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18/10/2018

          L’offensive anti-spéciste

       

 

 

 Cela s’est passé à Paris, Lille ou Marseille et ça continuera ailleurs, là où précisément il y a des abattoirs et des boucheries. Bon, on sait à présent que la consommation excessive de viande n’est pas bonne pour la santé. Est-ce une raison pour diaboliser les bouchers et les comparer à des nazis mettant en oeuvre la solution finale pour les animaux ? Est-ce une raison pour caillouter et taguer leurs devantures ? Sûrement pas !

Voilà pourtant le genre de comparaisons et d’agissements auxquels se livrent, depuis quelques temps, les militants végans et anti-spécistes les plus extrémistes. Ils appartiennent à des associations comme L.214, 269 Life France ou Boucherie Abolition dont les représentants – comme Tiphaine Lagarde – sont invités sur les plateaux de télévision pour y débiter leurs sornettes. Pour autant, ils ne surgissent pas de nulle part ; ils ont des antécédents, particulièrement aux USA et en Angleterre où, dans les années 80, le Front de libération des animaux (inspiré par les écrits de Peter Singer) faisait, avec encore plus de violence, les mêmes raids qu’eux.

Mais nous sommes au pays de Descartes et, même si nous savons que le bon sens n’est plus la chose la mieux partagée au monde, nous sursautons quand nous entendons qu’il n’y a pas de différence entre l’homme et l’animal. Nous ne pouvons accepter rationnellement le postulat anti-spéciste qui voudrait égaliser la condition humaine et animale  au motif que ce sont tous deux des êtres sensibles. Dans ce cas, pourquoi les humains devraient-ils se préoccuper – et ils s’en préoccupent beaucoup – du sort des espèces animales quand celles-ci ne se soucieront jamais d’eux, n’ayant d’autre finalité que de vivre selon leur principe naturel ?

 L’homme est sans doute un animal mais ce n’est pas un animal comme les autres. Et sa capacité à introduire, dans son organisation sociale, un peu de justice pour contrebalancer la loi du plus fort (qui fait partout autorité dans le monde animal) le prouve tout autant que ses créations et ses inventions les plus prodigieuses. Car c’est bien l’intellect et non la sensibilité qui fait la différence entre l’homme et l’animal. A cette noosphère – pour reprendre un concept cher à Teilhard de Chardin-, les  animaux, même les plus proches de l’homme, n’y ont pas accès et cela justifie la hiérarchie naturelle si décriée par les anti-spécistes.

Reste que l’être humain doit aussi se nourrir pour vivre et qu’il lui faut, pour cela, puiser dans son écosystème, quitte à planifier l’élevage et l’abattage de millions de vies animales pour sa consommation. C’est cette finalité que les anti-spécistes, submergés par leurs émotions, ne voient pas (ou feignent d’ignorer) quand ils parlent de génocide animal, amalgame aussi stupide qu’obscène. Croient-ils sérieusement que sept milliards d’êtres humains pourraient subsister seulement avec des productions végétales ? Jusqu’au jour où ils s’apercevront que les plantes ont aussi une sensibilité…

 

C’est cet anthropomorphisme, générateur de confusion à tous les niveaux, qu’il faut d’abord dénoncer si l’on veut lutter efficacement contre l’anti-spécisme. Le discours et les méthodes de leurs militants illustrent au plus haut point le relativisme des valeurs et, à terme, le nihilisme qui corrodent de plus en plus la société moderne. Les anti-spécistes ne sont qu’une variété d’intégristes dont la particularité est de contester les fondements et les limites de leur propre espèce. Nous devons leur faire barrage par tous les moyens si nous voulons perpétuer une civilisation qui, malgré ses excès et ses dérives, reste la seule dans laquelle chacun de nous peut développer complètement son humanité.

 

Jacques LUCCHESI

02/10/2018

    Expatriez-vous !

                              

 

 Expatriez-vous ! Voilà le slogan à la mode. Le nouveau mot d’ordre de la république démocratico-libérale. Tu en as marre d’être au chômage ? Tu crains qu’on coupe ton alloc si tu ne trouves pas rapidement du boulot ? Alors tire toi, barre toi, casse toi, mets les voiles loin de la France. Laisse ce foutu pays aux retraités et aux touristes. Sois dynamique, montre leur que tu en veux. A défaut de t’enrichir, tu verras au moins du pays. L’Europe entière s’ouvre à toi, c’est encore mieux qu’Erasmus. Car les entreprises françaises sont partout et elles ont besoin de petits jeunes motivés. Tiens, en Tchéquie, il y a 250 000 emplois à pourvoir. Payés au SMIC, bien entendu. Mais tu auras aussi une prime d’installation de 750 euros. Et puis la vie est moitié moins chère là-bas qu’en France. Avec tes 1500 euros bruts par mois, tu vivras comme un pacha. La bière y est fameuse et bon marché, les putes aussi et sans risque d’amende comme chez nous désormais. Quoi ! Tu es marié et tu as deux enfants en bas âge ? Et alors ! Tu divorceras et tu referas ta vie en Tchéquie. C’est comme ça, mon gars. Faut être flexible aujourd’hui. Le marché a besoin de toi, le marché a besoin de bras. Le marché dicte la loi. Et quand le marché t’appelle, on ne discute pas. Il te donne du travail, ce suprême privilège. C’est un honneur qu’il te fait et toi, fils ingrat, tu voudrais faire la fine bouche. Parce que t’es marié, parce que t’as des gamins ou des vieux à charge, parce que t’as pas fini de payer ta maison, parce que tu crains le froid en hiver. Des bobards, des conneries que tout cela ! On s’en fout de ta vie. Ce qu’on veut c’est que tu rapportes de l’oseille au patronat et que tu n’en coûte plus à l’état. D’ailleurs le sire De Normandie l’a dit : c’est le travail qu’il faut chercher, pas la croissance. Et du travail, il y en a des tonnes en Tchéquie, en Slovaquie, en Bulgarie, en Roumanie…Car, enfin, il n’y a pas que les Polonais qui ont le droit de nous exporter leurs plombiers et leurs curés. En France aussi on a des chômeurs pleins de talent. Carrossier dans une usine de voitures. Tu dis que tu n’as pas été formé pour ça. Tu es comptable, psychologue, photographe, jardinier-paysagiste : eh bien tu te recycleras dans l’industrie automobile. Et tes ancêtres ? Comment ils ont fait, tes ancêtres, quand ils sont allés coloniser le Maghreb et l’Afrique sub-saharienne ? Ils ont dû quitter leurs campagnes fleuries et leurs villages bien pépères pour aller accomplir l’œuvre civilisatrice de la France dans le monde. Eh bien tu feras pareil qu’eux ! Parce que tu es pauvre et que les pauvres n’ont pas le droit d’être inactifs et de profiter de la vie dans ce pays. Laisse ça aux riches. Je sais : c’est injuste mais c’est comme ça. En 2018, il y a toujours des seigneurs et des larbins. Ils ont simplement changé de noms. Mais si ça te chagrine, console-toi en te disant que c’est déjà pas si mal que ça d’être un larbin français. Tu pourrais être un larbin cambodgien, tamoul ou sud-africain. Sans sécurité sociale et assurance vieillesse. Alors ferme ta gueule maintenant et va prendre un aller simple pour la Tchéquie.

                                           Mister SHAKE