Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/01/2015

Leçon démocratique

 

 

Après la victoire politique de Syriza en Grèce, c’est un nouvel élan que va connaître l’Europe. Il était temps ! Les bons économistes européens ne savaient plus comment sortir de l’impasse. Avec la nouvelle donne de cette génération de jeunes politiques grecs (mais qu’on retrouve aussi ailleurs), voilà venue enfin l’heure de penser en dehors des schémas, dogmes et tabous économiques connus, de retrouver la liberté de redonner sa place au politique face à l’économie. On sait déjà que tout ne sera pas facile pour ce nouveau gouvernement, lui le premier qui connaît les difficultés de la Grèce. Les Grecs le savent aussi, mais leur message est clair : reprendre les rênes de leur vie que l’Europe leur avait dérobées. Tant mieux ! Saluons ce courage de dire non, tout en sachant que ce non-là n’ouvrira pas un lit de roses. La poursuite de la politique d’austérité nous menait droit vers un éclatement de cette Europe qu’on avait tant choyée, qui reste une force économique face aux géants américain, chinois, indien. Fasse que la leçon grecque nous donne envie de dépasser nos peurs et nos frilosités ! Les peuples européens, à l’image de la Grèce, doivent prendre leur destin à bras-le-corps. Ils en ont les moyens et notre histoire démocratique nous y invite. Merci donc à la Grèce, berceau de la démocratie !

 

                     Yves CARCHON

 

 

 

 

 

15/01/2013

La démocratie, c’est la guerre

 

                      

 

 A force de ne plus voir le spectacle de la guerre qu’à la télévision. A force de vivre dans une relative sécurité à l’intérieur de nos frontières – qui sont aussi celles de l’espace fédéral européen, désormais -, nous avons fini par oublier les terribles leçons de Mars et de Bellone. Depuis maintenant près de soixante-dix ans, nous avons interdit à la guerre l’accès à notre territoire, mais elle n’en demeure pas moins vivace dans le monde. Les conflits locaux, rapides ou endémiques, mais toujours très meurtriers, se comptent par centaines depuis 1945. Nation démocratique, la France y a souvent pris part, que ce soit pour ses intérêts économiques ou par le jeu des alliances internationales. De tous les continents, l’Afrique est celui où elle est, militairement parlant, le plus intervenu. Rien que pour ces cinq dernières années, elle a délégué ses troupes et sa logistique au Tchad, en Lybie, en Côte d’Ivoire et maintenant au Mali. Ce pays à majorité musulmane – l’un des maillons de la francophonie africaine, aussi – subit depuis des mois l’assaut de brigades islamistes particulièrement destructrices – comme on l’a vu avec les sanctuaires musulmans de Tombouctou. En répondant à l’appel au secours du président Traoré, François Hollande a pris certainement une décision grave et courageuse. Une décision qui, pour la première fois depuis son arrivée à l’Elysée, force le respect et l’adhésion de ses naturels adversaires, à droite. Ce n’est pas le même son de cloche sur sa gauche, où certains ont taxé sa décision d’ingérence. Pouvait-il faire autrement, surtout en sachant que quelques six mille ressortissants français vivent et travaillent actuellement au Mali (gibiers de choix pour ses agresseurs) ? Non, et c’est ne pas intervenir, laissant ainsi le champ libre à ces nouveaux barbares, porteurs d’une idéologie d’un autre âge, qui aurait été, stratégiquement parlant, irresponsable. Face à eux, il n’y a malheureusement que la force qui vaille. Car, dans cette affaire, c’est au moins autant une question de valeurs que d’intérêts commerciaux. La démocratie ne doit pas être l’apanage des seuls pays occidentaux. Tout peuple – à commencer par les Maliens – a le droit, sinon le devoir, de l’exiger pour lui-même. Mais la démocratie, nous le savons bien, ne fait pas l’affaire de tous.  Nombreux sont encore ses ennemis, tacites ou déclarés, au premier rang desquels ces groupes terroristes dont les raids criminels sont avant tout dictés par des considérations bassement matérielles. Ils doivent être combattus avec la plus farouche détermination. Tout en déplorant les risques que cette attitude de fermeté fait encourir aux otages français de l’AQMI et sans écarter la possibilité sournoise d’un attentat sur notre territoire ou sur des institutions françaises à l’étranger. Si la démocratie est synonyme de paix pour les peuples qui l’ont durablement plébiscitée, elle implique souvent de recourir aux armes pour la défense de son principe même. C’est ce que nous constatons, encore une fois, au Mali.

 

                                          Bruno DA CAPO

16:27 Publié dans 11 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mali, bellone, aqmi, démocratie

16/12/2010

FAUTE DE GOUT



En cette fin d’année 2010, le prix Nobel de la Paix a été décerné à un citoyen chinois. Liu Xiaobo est son nom. Je salue son courage, même si je sais qu’il ne lira jamais ces lignes. Quand j’écris, avec le ton placide du chroniqueur vivant paisiblement dans son pays, qu’on lui a décerné ce prix Nobel, c’est bien évidemment un euphémisme. On n’a pu lui remettre ce prix, ni même l’approcher ou le féliciter en lui serrant la main. Ah bon ? Etait-il donc dans l’incapacité de se mouvoir ? Cloué pour cause grave dans un lit d’hôpital ? Non : seulement incarcéré pour dissidence ! Ah, voilà qui fait bien désordre ! Quelle idée aussi d’attribuer un prix Nobel de la Paix à un type sous les verrous ! A-t-on idée des tracasseries administratives qu’on encourt ? Et pour le protocole pénitentiaire, l’impétrant doit-il garder ses menottes aux mains et bâillon sur la bouche ? Pour le coup, c’est un sale tour que l’on joue aux dirigeants chinois qui ont pris ombrage de l’initiative. C’est ce qu’on appelle un coup de pub intempestif, voire un camouflet désobligeant. Une faute de goût peut-être, contraire à l’art de survivre en bonne société. Les Chinois l’ont fait entendre à l’Occident avec la suave fermeté qui est la leur. C’est vrai que nous autres nous ne respectons rien : ni les convenances, ni le savoir-vivre, encore moins ce qui devrait pourtant être aujourd’hui le réflexe de la planète : ménager la nouvelle donne économique chinoise. Ah, décidément, nous voilà bien grossiers ! On ne soufflète pas la frappe économique chinoise avec un vulgaire Nobel. Gare à nos monnaies ! La vengeance se mange froide, même en maniant la baguette. En attendant, Liu n’en finit pas de braver ce tigre de papier qu’est l’oligarchie chinoise. D’une certaine façon, son prix le protège. On peut espérer bien plus : que ce prix Nobel contribue bien vite à sa libération, et surtout à sa réhabilitation qui équivaudrait à un avènement heureux pour les Chinois : la démocratie en Chine.

                                                 Yves CARCHON