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19/05/2011

Superman: anywhere out of America ?

 

 

    

 

 

 Y a-t-il jamais eu un héros de cartoons plus emblématique des USA que Superman ? Depuis sa création en 1938 par Joe Schuster et Jerry Siegel, notre super héros aux origines extra-terrestres a été de tous les combats pour le triomphe du Bien et des valeurs américaines, en particulier contre Hitler et les nazis durant la période du second conflit mondial. Au cinéma, il a fait les beaux jours d’Hollywood, incarné à quatre reprises par le regretté Christopher Reeve. Bref, il était la mascotte idéale de l’Amérique conquérante et bien pensante.

Or, il y a quelques semaines, dans le 900 eme numéro de ses aventures fabuleuses, ses concepteurs ont décidé de lui faire adopter un ton plus critique vis-à-vis de l’idéologie américaine. Ainsi, Superman serait las du mensonge d’état et de la manipulation de l’opinion publique qui a caractérisé la politique de GW Bush ; il songerait même à renoncer – lui, le fer de lance de la démocratie – à la nationalité américaine. La nouvelle a été prise très au sérieux dans le camp des Républicains qui ont vu là un déni de patriotisme et une attitude anti-américaine. Superman va –t’il déserter la Terre pour s’en retourner sur sa planète d’origine, la bien-nommée Krypton ? Ou, nouvel heimatlos, va-t-il errer de continent en continent, de pays en pays, en quête d’une nouvelle cause juste et généreuse à défendre ? Plus d’un état en Europe serait avisé de recourir à ses services musclés. Et je ne doute guère que l’actuel locataire de l’Elysée verrait d’un très bon œil qu’il soit son invité à demeure, ne serait-ce que pour le soustraire aux implorations redoublées de la rue de Solférino.

 

                                  

                               Loïs KENT                    

Dominique Strauss-Kahn : dans l’œil du cyclone


 

 

 

 Il y avait eu, voici dix jours, l’affaire de la Porsche puis celle des costumes à 35 000 $. Rien de particulièrement exemplaire pour un probable candidat socialiste à la présidentielle de 2012 ; rien de particulièrement compromettant, non plus. Avec l’inculpation pour tentative de viol qui pèse sur DSK depuis dimanche dernier, on est dans un tout autre registre de gravité. La nouvelle, avec les images accablantes de son arrestation, ont fait l’effet d’un séisme dans la classe politique française. Au point que beaucoup ont parlé de complot pour abattre médiatiquement une personnalité devenue trop menaçante pour l’actuel gouvernement. Comment, en effet, imaginer que le tout puissant directeur du FMI, challenger préféré des Français face à Nicolas Sarkozy en 2012, puisse se comporter comme un satyre avec une femme de chambre dans un hôtel new-yorkais ? Comment un homme de cette envergure pourrait-il oublier, ne fut-ce qu’un instant, ses responsabilités vis-à-vis de la planète ? Ces questions-là ne peuvent pas être occultées et la plupart des politiques interrogés, de quelque bord qu’ils se situent, ont préféré garder une réserve de bon aloi, respectant la présomption d’innocence dont DSK bénéficie avant que l’enquête n’ait confirmé ou non  les faits qui lui sont reprochés. L’ennui, c’est que même avec la meilleure volonté du monde, on voit mal, quand on remonte le fil des évènements, où la supposée machination a pu s’ancrer dans cette pitoyable histoire. Que d’autre part on retrouve, dans le parcours de DSK, des agissements étonnamment proches de ceux qui l’accablent aujourd’hui. Aurait-on  à faire avec lui à un nouveau Docteur Jekyll nourrissant secrètement un Mister Hyde particulièrement incontrôlable en présence d’une femme, ce dernier tirant vers le bas les hautes facultés du premier? Les psychanalystes se pencheront certainement sur la personnalité de  DSK et sur son parcours en clair-obscur. Quoiqu’il en soit, et quand bien même il sortirait blanchi de cette troublante affaire, il y a gros à parier qu’il devra malgré tout abandonner les fonctions qu’il exerce depuis 2007 (ce qu’il a fait depuis sans cesser de clamer son innocence du fond de sa cellule) ; qu’à l’échelon hexagonal, sa carrière politique est définitivement ruinée. La roche Tarpéienne jouxte toujours le Capitole.  Dominique Strauss-Kahn ou la marche triomphale au désastre.

 

                                          Erik PANIZZA   

14:03 Publié dans numéro 7 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dsk, viol, fmi, désastre

02/05/2011

Al Qaida après Ben Laden

 

 

                   

 

 

Au terme d’une traque de dix années, Oussama Ben Laden – l’homme le plus recherché de la planète – est mort dans la nuit du 1er au 2 mai, tombé sous les balles d’un commando américain dans sa villa, au nord d’Islamabad (Pakistan). La nouvelle a aussitôt fait le tour du monde, controversée comme il se doit par des rumeurs sur le Net faisant état d’une mise en scène macabre. Aux USA et à New-York tout particulièrement, elle a généré des scènes d’une allégresse à peine croyable – comme si, avec la mort du leader d’Al Qaida, avait pris fin le cauchemar du terrorisme. Ailleurs, au Pakistan notamment, c’est plutôt la tristesse qui était le sentiment dominant, même si quelques Pakistanais reconnaissaient à demi-mots que Ben Laden leur avait apporté plus de mal que de bien. Quant aux Maghrébins, ils étaient, dans l’ensemble, plutôt satisfaits de cette disparition, jugeant Ben Laden responsable de l’amalgame durable entre terrorisme et Islam dans l’opinion occidentale. Pour significative qu’elle soit, cette mort ne règle pas, évidemment, la dangereuse survivance de l’hydre Al Qaida, laquelle comme on le sait a essaimé un peu partout, beaucoup de groupuscules terroristes se réclamant de ce label. Quelles vont être leurs réactions, face à la perte de leur figure tutélaire ? Vont-il chercher à se venger contre ceux – les Américains – qui criaient eux-mêmes vengeance, estimant par la bouche du président Obama que « justice a été faite » ? Ou risquent-ils également de s’attaquer aux intérêts et aux ressortissants occidentaux, particulièrement au Maghreb comme on l’a vu, la semaine dernière, avec l’attentat à Marrakech ? Il y a aussi, et surtout, la question des otages français au Sahel et en Afghanistan : seront-ils les premières victimes des représailles terroristes ? Pour les experts en ce domaine si mouvant, la balance penche plutôt vers le « non ». Car la mort de Ben Laden va obliger Al Qaida au Maghreb à traiter directement avec l’état français, ne pouvant plus faire intervenir ce charismatique intermédiaire dans les négociations. Quant aux ravisseurs afghans d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, ils n’auraient, selon ces mêmes experts, aucune accointance avec Al Qaida. Puissent-ils avoir raison. 

 

 

                      Bruno DA CAPO