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18/10/2018

          L’offensive anti-spéciste

       

 

 

 Cela s’est passé à Paris, Lille ou Marseille et ça continuera ailleurs, là où précisément il y a des abattoirs et des boucheries. Bon, on sait à présent que la consommation excessive de viande n’est pas bonne pour la santé. Est-ce une raison pour diaboliser les bouchers et les comparer à des nazis mettant en oeuvre la solution finale pour les animaux ? Est-ce une raison pour caillouter et taguer leurs devantures ? Sûrement pas !

Voilà pourtant le genre de comparaisons et d’agissements auxquels se livrent, depuis quelques temps, les militants végans et anti-spécistes les plus extrémistes. Ils appartiennent à des associations comme L.214, 269 Life France ou Boucherie Abolition dont les représentants – comme Tiphaine Lagarde – sont invités sur les plateaux de télévision pour y débiter leurs sornettes. Pour autant, ils ne surgissent pas de nulle part ; ils ont des antécédents, particulièrement aux USA et en Angleterre où, dans les années 80, le Front de libération des animaux (inspiré par les écrits de Peter Singer) faisait, avec encore plus de violence, les mêmes raids qu’eux.

Mais nous sommes au pays de Descartes et, même si nous savons que le bon sens n’est plus la chose la mieux partagée au monde, nous sursautons quand nous entendons qu’il n’y a pas de différence entre l’homme et l’animal. Nous ne pouvons accepter rationnellement le postulat anti-spéciste qui voudrait égaliser la condition humaine et animale  au motif que ce sont tous deux des êtres sensibles. Dans ce cas, pourquoi les humains devraient-ils se préoccuper – et ils s’en préoccupent beaucoup – du sort des espèces animales quand celles-ci ne se soucieront jamais d’eux, n’ayant d’autre finalité que de vivre selon leur principe naturel ?

 L’homme est sans doute un animal mais ce n’est pas un animal comme les autres. Et sa capacité à introduire, dans son organisation sociale, un peu de justice pour contrebalancer la loi du plus fort (qui fait partout autorité dans le monde animal) le prouve tout autant que ses créations et ses inventions les plus prodigieuses. Car c’est bien l’intellect et non la sensibilité qui fait la différence entre l’homme et l’animal. A cette noosphère – pour reprendre un concept cher à Teilhard de Chardin-, les  animaux, même les plus proches de l’homme, n’y ont pas accès et cela justifie la hiérarchie naturelle si décriée par les anti-spécistes.

Reste que l’être humain doit aussi se nourrir pour vivre et qu’il lui faut, pour cela, puiser dans son écosystème, quitte à planifier l’élevage et l’abattage de millions de vies animales pour sa consommation. C’est cette finalité que les anti-spécistes, submergés par leurs émotions, ne voient pas (ou feignent d’ignorer) quand ils parlent de génocide animal, amalgame aussi stupide qu’obscène. Croient-ils sérieusement que sept milliards d’êtres humains pourraient subsister seulement avec des productions végétales ? Jusqu’au jour où ils s’apercevront que les plantes ont aussi une sensibilité…

 

C’est cet anthropomorphisme, générateur de confusion à tous les niveaux, qu’il faut d’abord dénoncer si l’on veut lutter efficacement contre l’anti-spécisme. Le discours et les méthodes de leurs militants illustrent au plus haut point le relativisme des valeurs et, à terme, le nihilisme qui corrodent de plus en plus la société moderne. Les anti-spécistes ne sont qu’une variété d’intégristes dont la particularité est de contester les fondements et les limites de leur propre espèce. Nous devons leur faire barrage par tous les moyens si nous voulons perpétuer une civilisation qui, malgré ses excès et ses dérives, reste la seule dans laquelle chacun de nous peut développer complètement son humanité.

 

Jacques LUCCHESI

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